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Choisir une agence web sans se tromper de question
La plupart des comparaisons portent sur le prix et le portfolio. Les deux disent peu de chose de ce qui se passera pendant le projet. Voici les six questions qui, dans notre expérience, séparent un projet tenu d’un projet rattrapé — y compris quand la réponse vous oriente vers un autre prestataire que nous.
sommaire
1. Le prix ne se compare pas, le périmètre oui
Deux devis à 8 000 euros ne couvrent presque jamais la même chose. L’un prévoit quinze pages et deux itérations de maquette, l’autre huit pages et une seule, sans formation ni garantie. Comparer les montants revient à comparer des longueurs de ficelle.
La première ligne à examiner n’est donc pas le total, mais le nombre de gabarits : le nombre de structures de page réellement différentes à concevoir. Douze pages qui partagent quatre gabarits représentent moins de travail que douze pages qui en demandent douze. Les devis qui annoncent « jusqu’à 15 pages » sans mentionner les gabarits annoncent souvent douze gabarits et un budget qui doublera.
Vérifiez ensuite trois lignes précises : le nombre d’allers-retours de maquette compris, la présence d’un plan de redirections (si vous avez déjà un site), et la durée de la garantie après mise en ligne. Ces trois éléments pèsent plus lourd dans le coût final qu’une remise de 5 % à la signature.
2. Ce que le devis doit rendre visible
Un devis lisible tient en une à deux pages et répond à quatre questions : ce qui est fait, ce qui n’est pas fait, par qui, et dans quel ordre. S’il faut lire quatorze pages de conditions générales pour découvrir que les photos ne sont pas incluses, le devis n’est pas clair — il est seulement long.
- Qui écrit les textes ? C’est la question la plus discriminante. Beaucoup de devis incluent « l’intégration des contenus fournis par le client », ce qui signifie que vous écrirez tout, y compris ce que vous ne savez pas écrire.
- Qui fournit les photos ? Une production photographique coûte entre 900 et 2 500 euros. Si elle sort du devis, dites-le tout de suite dans le budget global.
- À qui appartiennent les accès ? Hébergement et nom de domaine doivent être ouverts à votre nom. Une agence qui garde la main sur l’hébergement garde la main sur votre capacité à partir.
- Que se passe-t-il en cas de retard ? Une clause de délai sans conséquence n’est pas une clause de délai.
Le test du devis à l’envers Demandez au prestataire de vous expliquer ce qui ferait échouer le projet. Une agence qui n’identifie aucun risque — ni côté client, ni côté technique — n’a pas encore regardé votre situation réelle.
3. Qui décide, et à quelle date
Un projet de site ne dérape presque jamais pour des raisons techniques. Il dérape parce que personne côté client n’a le mandat de trancher, et parce que la validation attend deux semaines avant d’arriver. La question utile n’est pas « quel est votre délai ? » mais « quels sont les trois moments où j’interviens, et combien de temps ai-je pour le faire ? ».
Chez nous, ces trois moments sont le cadrage (une demi-journée), la validation de maquette (une heure de réunion plus vos relectures, sous cinq jours ouvrés) et la recette (deux heures). Si vous savez déjà que ces trois créneaux sont intenables dans votre organisation — une direction qui valide seulement le vendredi, un comité qui se réunit tous les mois — dites-le avant de signer. Le calendrier s’ajuste mieux avant qu’après.
Méfiez-vous des calendriers exprimés en semaines rondes sans dépendance mentionnée. « Livraison en huit semaines » n’a de sens que si l’on sait ce qui se passe si les contenus arrivent en semaine six plutôt qu’en semaine quatre.
4. Les questions techniques à poser, même sans être technique
Vous n’avez pas besoin de connaître le vocabulaire pour poser de bonnes questions. Celles qui suivent se posent en langage courant et obtiennent des réponses vérifiables.
- « Est-ce que je pourrai publier une page seul, sans vous appeler ? » La réponse doit être oui, avec une démonstration. Un back-office non démontré est un back-office que vous n’utiliserez pas.
- « Quel sera le poids de ma page d’accueil ? » Sous 500 Ko, c’est sobre ; au-delà de 2 Mo, le site sera lent sur téléphone en 4G, quel que soit le design.
- « Le site fonctionne-t-il entièrement au clavier ? » Testez vous-même : tabulez, et voyez si le focus est visible. C’est la base de l’accessibilité, et c’est aussi ce qui protège vos obligations légales si vous êtes une institution.
- « Sur quel outil est construit le site, et qui peut le reprendre ? » Un site sur mesure se reprend par un développeur ; un site sur un outil propriétaire se reprend par l’éditeur de l’outil. Les deux sont légitimes, à condition de le savoir.
- « Avez-vous une politique d’écoconception ? » Question rare, réponse souvent instructive : les prestataires qui savent de quoi il s’agit travaillent en général plus proprement.
5. Ce qui se passe après la mise en ligne
Le jour de la mise en ligne, le travail de conception s’arrête et celui de l’exploitation commence. Posez trois questions précises : quelle est la durée de garantie et que couvre-t-elle exactement ; combien coûte la maintenance et ce qu’elle inclut ; qui intervient en cas de panne un samedi.
Une garantie de 30 jours couvre en général les anomalies — une fonctionnalité qui ne fonctionne pas comme prévu. Elle ne couvre pas les évolutions : une nouvelle page, une nouvelle rubrique, un changement de politique tarifaire. Distinguer les deux évite les conversations désagréables trois semaines après la livraison.
Sur la mesure, demandez ce qui sera relevé et à quelle date. Un site livré sans relevé initial rend toute progression ultérieure invérifiable : sans chiffre de départ, il n’y a pas de progrès, seulement des impressions.
6. Six signaux qui doivent faire renoncer
- Une position garantie sur Google. Personne ne peut la garantir. Une agence qui promet un classement vend autre chose que du travail.
- Un devis sans périmètre, seulement un prix. Vous ne saurez qu’après coup ce qui était inclus.
- Un portfolio sans chiffres ni contexte. Des captures d’écran sans indication de la situation de départ ne prouvent rien — nous-mêmes publions trois cas plutôt qu’une galerie.
- Une absence de question sur votre activité. Si la première réunion porte sur le prix et le style, personne n’a regardé votre métier.
- Un interlocuteur commercial qui disparaît à la signature. Demandez explicitement qui suivra le projet, et rencontrez cette personne avant de signer.
- Une clause de propriété floue. Le code, les contenus et les accès doivent vous appartenir à la livraison. Cela doit être écrit sans ambiguïté.
Ce guide est écrit par le studio Grès, qui vend des sites sur mesure. Il vous oriente parfois vers d’autres solutions que les nôtres — un outil standard pour trente produits, un référencement seul plutôt qu’une refonte. C’est volontaire : la question n’est pas de choisir une agence, mais de choisir la bonne dépense.